Jeanne, 58 ans
a repris la danse après son divorce.
« J'hésitais depuis trois ans. Le premier cours, j'ai pleuré dans ma voiture en rentrant — de joie. »
Avant de pousser la porte de L'Académie, Jeanne n'avait pas dansé depuis son mariage, trente ans plus tôt. Le divorce avait tout emporté, y compris l'envie de sortir.
« Une collègue m'a parlé de la section. Je lui ai dit que je n'y arriverais jamais, que j'étais trop vieille, que ça demandait un partenaire. Elle a ri : « tout le monde dit ça, et tout le monde se trompe ». »
Le premier cours de danse de salon, elle est arrivée avec dix minutes d'avance et l'envie de fuir. « Les partenaires ont tourné, j'ai dansé avec six hommes différents dans la même heure. Personne ne m'a jugée. J'ai compris que j'avais le droit d'exister, juste comme ça, dans une tenue souple, à tâtonner sur de la valse. »
Trois saisons plus tard, Jeanne danse le salon, le tango argentin et la bachata. Elle est aussi devenue membre active du bureau. « Je suis arrivée pour danser. J'ai trouvé une famille. »